Un livre dans ma valise Actu,Tour du monde « Tous les trains du monde » : interview de Virginie

« Tous les trains du monde » : interview de Virginie


Ouvrage : tous les trains du monde © Virginie Delache

Alors que son livre « Tous les trains du monde » vient tout juste de paraître, Virginie Delache m’a fait le plaisir de répondre à quelques questions pour nous éclairer sur son goût du voyage en train.

Virginie n’est pas une inconnue pour moi. Depuis plus de 10 ans, nous nous suivons mutuellement via nos blogs. Elle a partagé en ligne des centaines de conseils et de voyages en famille, et sort son premier livre en ce début de printemps 2025. C’est assez émouvant de se plonger dans son ouvrage intimiste, véritable invitation au voyage en train. Elle a un sens de l’observation aiguisé, le goût pour les rencontres, offrant un témoignage poétique des trains empruntés dans le monde entier.

Ouvrage : tous les trains du monde © Virginie Delache

Comment est née l’envie d’écrire sur tes voyages en train ?

Je crois que le déclic a eu lieu il y a quatre ans, quand j’ai été invitée à parler de voyages en train pour un podcast. Cela m’a donné l’occasion de revenir sur les moments forts de ces voyages, sur le pourquoi et le comment, et j’ai pris conscience de plusieurs choses : d’une part à quel point ces voyages étaient essentiels dans ma vie et, d’autre part, que j’adorais les raconter !

Qu’aimes-tu particulièrement dans les voyages en train ? 

D’abord, je dois préciser que je déteste l’avion parce que j’ai horriblement peur ! Donc, dès que c’est possible, je choisis le train. Il y a le plaisir de découvrir les paysages qui défilent par la fenêtre, les gares plus ou moins typiques : ce n’est pas toujours beau, ni spectaculaire, mais c’est toujours une façon intéressante de « prendre contact » avec un endroit.

J’aime le fait de m’y sentir comme dans une bulle et en même temps à l’affût de tout ce qui se passe à bord et autour de moi. J’aime aussi l’idée de donner corps à la distance, de mesurer l’éloignement. Pour moi, c’est aussi ça le voyage…

Ouvrage : tous les trains du monde © Virginie Delache
© Virginie Delache

Tu ne t’ennuies jamais en train ?

J’ai fait de très longs voyages (56 heures d’affilée dans le Transsibérien) et non, je ne me suis jamais ennuyée ! C’est vraiment un poste d’observation formidable quand on est curieuse : il se passe toujours plein de choses dans le wagon, je regarde les voyageurs qui montent et descendent, ce qu’ils mangent, comment ils s’occupent, ce qu’ils racontent… et j’aime même aussi leur inventer des vies !

Ouvrage : tous les trains du monde © Virginie Delache
© Virginie Delache

Le train offre du temps et c’est un luxe absolu : le temps de lire (d’ailleurs, quand on aime lire, on ne s’ennuie jamais, nulle part !), de laisser son esprit vagabonder, de noter ou dessiner des choses…

As-tu testé les voyages en train en solo, en couple, en famille et quel plaisir as-tu tiré de ces différentes façons de voyager ?

Oui en effet, j’ai eu l’occasion de voyager en train dans toutes ces configurations. Seule, je sors les radars et me gave de lecture. Parfait ! À deux, on va alterner moments de partages et de repli, c’est très agréable quand on trouve le bon rythme…  J’ai aussi beaucoup aimé voyager en train avec mes enfants, en train de nuit en particulier : ça a tout de suite des allures d’aventure ! C’est un moment où on peut vraiment être ensemble, lire, jouer, et c’est précieux.

Dans ton récit, chaque trajet est l’occasion de portraits et de contemplation. As-tu un carnet de notes, un journal que tu tiens durant tes voyages ou au quotidien ?

J’emporte toujours un carnet pour écrire en voyage. Je sais que l’envie sera là, et le train offre un temps long propice à l’écriture… Mais je ne m’astreins à aucune régularité ni ne m’impose de tenir un journal de bord. J’en serais sans doute incapable, j’écris quand le besoin s’en fait sentir. Et, parfois, seulement des bribes que je développerai à mon retour… Pendant le voyage, je collecte la matière brute et puis je laisse décanter, reposer, avant de la travailler.

Ouvrage : tous les trains du monde © Virginie Delache
© Virginie Delache

Tes nombreux itinéraires ont-ils été aussi l’objet de contre-temps, imprévus, galères ? Comment y faire face avec philosophie ?

Oui bien sûr, il y a des régions du monde dans lesquelles les trains sont peu ponctuels…  Et je ne parle pas d’une demi-heure de retard, mais plutôt de plusieurs heures ! Je n’ai pas de « truc » miracle, c’est comme ça et ça ne sert à rien de s’énerver. Tout voyage est soumis à des aléas, pas seulement en train : c’est aussi pour ça qu’on aime voyager.

L’achat des billets peut aussi s’avérer compliqué : pas évident en Égypte, carrément difficile en Chine… J’ai appris qu’il fallait rester très flexible sur le programme et l’itinéraire : si je n’ai pas réussi à obtenir un billet ou que le train est complet, et bien tant pis, on changera nos plans ou on reviendra demain essayer à nouveau.

Quel sera ton prochain voyage en train ?

J’ai toujours plein de projets de grands voyages en train… et envie de prendre tous les trains du monde ! Je ne connais pas encore Berlin ni Budapest, j’ai très envie de découvrir l’Écosse en train, l’Ouzbékistan me fait rêver aussi. Dans les voyages plus lointains, je voudrais retourner en Inde, cette fois du côté de Calcutta et partir explorer le Bengale en train. Les trains indiens font partie de mes plus belles aventures de voyageuse.

Propos recueillis par Sandrine Damie

Tous les trains du monde
De Virginie Delache
Editions Akinomé
20 euros

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